Symbole des vins rouges et rosés de Bandol, le Mourvèdre règne en maître (au moins 50 % dans les rouges, souvent bien plus). Il aime la chaleur, redoute le mistral trop sec ou les pluies en excès au printemps. Sa typicité – densité, couleurs puissantes, palette aromatique complexe, tanins denses – s'exacerbe ou se nuance selon chaque millésime, rendant la lecture des vendanges aussi fascinante qu’exigeante.
- Années chaudes (2015, 2017, 2022) : Les peaux plus épaisses donnent des rouges sombres, des tannins riches, de la cerise noire et une note solaire, parfois épicée. Les tanins restent robustes, la garde s’étire sur des décennies (voir l’étude de l’ODG Bandol, 2023).
- Millésimes frais (2014, 2021) : Le fruit se fait plus croquant, la violette et la réglisse dominent, les finales gagnent en tension minérale. Les rouges profitent d’une superbe buvabilité dans la jeunesse, tout en gardant un beau potentiel d’évolution.
- Années irrégulières (2018, 2020, marquées par des précipitations au printemps) : Le Mourvèdre se montre parfois plus discret. Les vins sont plus abordables jeunes mais peuvent manquer d’un peu de structure, intéressant à comparer sur plusieurs années.
Le Mourvèdre façon Bandol n’est jamais uniforme: il forge chaque année son propre équilibre, entre muscle et élégance, laissant, comme le disait le vigneron Jean-Pierre Gaussen, “le temps ourler les contours que le soleil viendra patiner".