Le vert contrasté des vignes
L’œil, dès les beaux jours, est frappé par la variété et la densité des verts qui tapissent le vignoble. Du printemps à l’automne, les feuilles du mourvèdre – cépage roi de Bandol – offrent un vert intense, profond, souvent plus foncé que celles d’autres cépages voisins comme la syrah ou le grenache. On observe :
- Vert olive et vert sapin des vieux ceps centenaires
- Touches plus tendres des jeunes pousses au printemps
- Evolution vers des nuances dorées, presque ambrées, fin août-début septembre
L’aspect du feuillage varie selon la densité de plantation, la taille – bien souvent gobelet, traditionnelle à Bandol – et l’âge de la vigne. À noter également le jeu des ombres sur le feuillage, très net en milieu de journée : les rayons obliques cisèlent des motifs mouvants au sol.
Ocres, roux, ors : la terre comme point d’ancrage
La singularité chromatique du vignoble de Bandol provient de son sol. Ici, l’argile rouge et les marnes jaunes dominent, parsemées de calcaires clairs qui réfléchissent la lumière comme de petits miroirs naturels. Sur certains secteurs (La Cadière-d’Azur, Sainte-Anne d’Evenos), les terrasses de dépôt ferrugineux révèlent des couleurs allant du brun pourpré à l’ocre doré.
Au lever ou au coucher du soleil, ce socle minéral s’enflamme littéralement. Les “restanques” (murets de pierres sèches) captent la lumière rasante et délivrent une gamme de tons chauds, qui oscillent entre le safran, la châtaigne et l’ivoire orangé – une véritable signature visuelle.
Bleu infini et reflets : la mer omniprésente
La Méditerranée, rarement hors de vue, imprime sa marque. Son bleu varie selon l’heure et les conditions climatiques : bleu cobalt à midi, indigo ou ardoise en fin de journée. Les reflets du ciel, souvent sans nuages, se mêlent à l’azur marin, amplifiant encore la palette de bleus – dont l’intensité varie selon la salinité, le vent ou même la floraison du Posidonia (source : Observatoire marin PACA).
Par grand vent, la mer miroite, projetant sur les coteaux voisins des éclats argentés, comme une respiration lumineuse au rythme des vagues.
Blancs éclatants et subtilités de la garrigue
Entre les parcelles et sur les chemins, la garrigue déploie mille nuances : verts gris des cistes, argent des oliviers, blanc crayeux des pierres. Les fleurs – immortelle, romarin, lavande sauvage – ponctuent le paysage de touches jaunes, violettes ou blanches, renforçant la dimension sensorielle du Bandol.